vendredi 15 janvier 2010

Parturiente/ Nullipare / Nulligeste

Contexte :
J’ai la folie des grandeurs : de mon habituel duo, je passe aujourd’hui à la présentation d’un trio ! Il existe de ces mots connus et reconnus par un groupe d’initiés. Les collectionneurs atypiques, les phobiques, les odeurs, les traders (et vlan !) tous se retrouvent, se reconnaissent, se rassurent.... excluent.
Parmi ces groupes de mots, je placerais aussi l’expérience, les situations vécues. Par exemple, enfanter ouvre à un monde de mots nouveaux. Mères et pères partagent un langage que les jeunes prépubères, célibataires endurcies, marins incasables, grossiers(ères) personnages et autres ne connaissent pas, sauf si, comme moi (je vous laisse le soin de me « caser » ... et pas seulement dans une des catégories précitées !), vous avez la chance d’avoir eu le bonheur d’accompagner votre meilleure amie pendant 9 mois.
Le 28 novembre dernier, au-delà des qualificatifs usuels et habituels et finalement communs et manquant cruellement d’originalité (belle, intelligente, drôle, généreuse...), elle se distingua alors et fit une entrée fracassante dans le monde des parturientes. Cette nouvelle me provoqua une joie brutale (en l’apprenant, je manquais de tomber de cheval), mais durable (je devenais en quelque sorte tata).
Définitions :
Parturiente :

Une parturiente est une femme qui accouche.
La parturition est l'accouchement naturel.
Terme issu du latin parturitio, parturire : accouché.
(Source : vulgaris medical)
Nullipare :

Une nullipare désigne une femme qui n’a encore jamais accouché.
Nulligeste :

Nulligeste ne doit pas être confondu avec nullipare (de geste : gestation ou grossesse) qui désigne une femme qui n'a jamais été enceinte.
Euh ??
A ca y est je vois : Il est en effet possible d'avoir une grossesse sans accouchement, mais pas l'inverse jusqu’à aujourd’hui (on arrête plus les progrès de la médecine...).
Ok, donc si nous avons bien compris, vous conviendrez avec moi qu’une nullipare peut devenir parturiente (et nous lui souhaitons) mais ne sera plus nulligeste.

Utilisation sociétale :

Exemple 1 :

Le jour J, messieurs, plus de détails matériels, obstétriques, sentimentaux, dégoulinants : sur twitter, usez dornévant d’un simple « ma femme est parturiente » et courrez à l’hôpital...

Exemple 2 :

On vous demande de vous décrire (certains hommes ont la drague cruelle) : vous aimez la musique, les voyages, la lecture... has been déjà entendus !

Distinguez-vous mesdames et mesdemoiselles, vous êtes à partir d’aujourd’hui bien plus car vous appartenez forcément à l’une de ces trois catégories : nulligeste, nullipare ou parturiente.

Exemple 3 :

Car on est jamais trop précis, brillez davantage en ajoutant l'un des qualitificatifs suivants. Votre femme est parturiente, soit... mais est-ce la première fois?
  • Primipare désigne une femme qui accouche pour la première fois.
  • Secondipare (peu usité) désigne une femme qui accouche pour la seconde fois.
  • En pratique dès qu'une femme a accouché une fois on parle de multipare sans tenir compte du nombre d'accouchements.
  • Enfin lorsque une femme a accouché plus de cinq fois, on parle de grande multipare.

mercredi 11 novembre 2009

Callipyge / Stéatopyge


CONTEXTE

Les essais de brillance en société peuvent parfois prêter à débat, voire l’enrichir, alors n’hésitez pas, au risque de vous planter ou de vous voire dépassé !

Face à mon utilisation bien placée de callipyge, je ne pus déceler chez mon interlocuteur aucun rictus ou mouvement de paupière qui l’aurait trahi, bref : effet raté, il avait pigé...
Il alla même plus loin et, avec une lueur de défi dans les yeux, me toisa en me parlant de stéatopygie : vaincue, j’eus à déclarer forfait !

Rassurez-vous, il ne s’agit pas là de piges bien calées, ni de techniques reconnues de sténographie, mais de nos fessiers mesdames !

Sujet intemporel, victime des humeurs de la mode, empreint de culture séculaire et de géographie, nos fesses ont déjà beaucoup fait parler d’elles et, soyez en sures, feront encore l’objet de nombreux débats (et d’ébats...).
DEFINITION

Callipyge

La Vénus callipyge est un type particulier de statue grecque représentant la déesse Vénus soulevant son péplos (pour les latinistes, préférez peplum, pour les « ni l’un ni l’autre » parlez de tunique sans manches) pour regarder ses fesses.

Tel Dorian Gray, Vénus, femme fatale, sure de ses atouts et de ses charmes, ne regarde pas l’autre, fait fi de ses prétendants, pire, leur tourne le dos pour mieux se regarder.

En effet, Vénus est bien née, elle est callipyge : elle a de belles fesses (du grec, kalli = beau, pygos = fesse)...

Stéatopyge

Vous l’aurez compris, le suffixe ne change pas, on reste dans la région...

La stéatopygie caractérise la présence d’un matelas adipeux épais autour du sacrum et des fesses.

Mais alors « callipyge OU stéatopyge » ou « callipyge ET stéatopyge » ?


Car enfin, comme moi, vous trouvez que tout ça manque de précision et prête à confusion : pour avoir de belles fesses, doit-on se fier à Gala ou au chocolat ?

En effet, l’état du derrière plantureux de la statue de Naples (voir photo en exergue), nous dévoile que Vénus ne lésinait pas sur la chocolatière !

Mais alors, la stéatopygie, vulgaire synonyme redondant du précédent ? Vénus est-elle tout à la fois callipyge et stéatopyge ?

Oui ... mais peut être à une nuance près, et elle est d’importance : il est ici question de gradation. Là où Vénus callipyge peut rougir de ses charmes voluptueux, Vénus stéatopyge n’a peut être pas été suffisamment raisonnable en passant trop de temps à table...

UTILISATION

1- Vous me voyez sans doute venir de loin, j’irais donc droit au but : dorénavant, elles ne seront plus « bien gaulées » ou « trop bonnes », mais, selon votre appétence et vos préférences du moment, « callipyges » (version drague : jugement de valeur sous-entendu, vous avez choisi votre camp, vous aimez la belle chair) ou « stéatopyges » (version plus indécise : vous ne faites que décrire l'état d'une physionomie particulière, mais ne passez pas à l'acte)...

2- Honneur à Brassens et sa Vénus callipyge :

Que Jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant, N'enlève à vos attraits ce volume étonnant. Au temps où les faux culs sont la majorité, Gloire à celui qui dit toute la vérité!

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce, Qu'on ne peut s'empêcher de lui donner raison. Que ne suis-je, madame, un poète de race, Pour dire à sa louange un immortel blason.

En le voyant passer, j'en eus la chair de poule, Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui voue un culte véritable et, quand je perds aux boules, En embrassant Fanny, je ne pense qu'à vous.

Pour obtenir, madame, un galbe de cet ordre, Vous devez torturer les gens de votre entoure, Donner aux couturiers bien du fil à retordre, Et vous devez crever votre dame d'atour.

C'est le duc de Bordeaux qui s'en va, tête basse, Car il ressemble au mien comme deux gouttes d'eau, S'il ressemblait au vôtre on dirait, quand il passe: "C'est un joli garçon que le duc de Bordeaux!"

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent que vous avez placé votre orgueil un peu bas, Que vous présumez trop, en somme de vos fesses, Et surtout, par faveur, ne vous asseyez pas!

Laissez-les raconter qu'en sortant de calèche la brise a fait voler votre robe et qu'on vit, Écrite dans un coeur transpercé d'une flèche, Cette expression triviale: "A Julot pour la vie."

Laissez-les dire encore qu'à la cour d'Angleterre, Faisant la révérence aux souverains anglois, Vous êtes, patatras! tombée assise à terre: La loi de la pesanteur est dure, mais c'est la loi.

Nul ne peut aujourd'hui trépasser sans voir Naples, A l'assaut des chefs-d'oeuvre ils veulent tous courir! Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables: Voir votre académie, madame, et puis mourir.

Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant, N'enlève à vos attraits ce volume étonnant. Au temps où les faux culs sont la majorité, Gloire à celui qui dit toute la vérité!


dimanche 11 octobre 2009

CEPHALOPHORE

CONTEXTE

La religion, son architecture, ses peintures, ses rites, ses hommes, ses fidèles, ses objets, ..., est une bible aux multiples trésors pour un « pêcheur », de mots rares il s’entend !

Car l’art n’est pas un objet de consommation qui implique les trois-huit, qu’il peut être familial, collectif et ludique, il n’est donc ici pas question de prohibition. Lolita a tout à envier du touriste du Dimanche : l’objet d’art exposé, peut-être car il ne peut être pris, peut être vu, là où Mam’selle Lolo, qui veut être bien vue, aura le cafard et devra attendre lundi pour se racheter du fard !

Un Dimanche à Toulouse donc, on se jette dans le bain des saints, direction le couvent des Jacobins. C’est dans la salle capitulaire jouxtant le cloître que sont exposées, au plus grand bonheur du visiteur, des sculptures gothiques de la fin du Moyen-Age : chic, hic ?
Et bien chic : outre la magnificence des clefs de voûte, des chrismes, des dalles funéraires et autres gisants, c’est d’un bout de calvaire dont je me suis entichée : un évêque céphalophore !

DEFINITION

Une céphalophorie, du grec képhalê (tête) et phorein (porter), est un épisode où un personnage décapité se relève et prend sa tête entre les mains - ou l'une de ses mains - avant de se mettre en marche.

Un céphalophore est donc, par extension, une représentation, statue ou figurine, de cet épisode.


UTILISATION

1 - Ne passez plus devant une église ou une cathédrale sans y regarder de plus près. Vous avez en effet beaucoup de chance de tomber sur des évêques, saints ou autres religieux décapités (pauvres prélats, les iconoclastes sont passés par là et vous ont causé bien des dégâts...) : « Pas malins ces crétins, moins forts que les céphalophores ! »


2 - Vous n’allez pas très bien, "ca va pas fort", vous êtes inefficace, maladroit, pas du tout perspicace, d’humeur n°5 sur votre échelle infundibuliforme hebdomadaire (clin d’œil à nos fidèles)... enfin : vous n’avez plus toute votre tête, seriez-vous céphalophore aujourd'hui ?

jeudi 24 septembre 2009

TONFA


CONTEXTE :

Certains d’entre vous me connaissent, d’autres moins...

J’exerce une activité difficilement identifiable car 1 – récente 2 – touchant à des domaines variés 3 - « durable » 4 - politique en un certain sens,
Mais, qui mérite d’être connue car 1- récente 2 – touchant à des domaines variés, 3- « durable » 4 - politique en un certain sens ...
L’évaluation des politiques publiques au regard de critères de développement durable requiert un certain sens du terrain et de ses pions.

Aaaah les charmes de la province, de ses trains express régionaux, quand ils existent, de ses hôtels éclairés au néon (à quand la réforme d'attribution des étoiles d'un hotel ?? Consultants, je propose une révolution, ou, à défaut, une réunion, la constitution d'une amicale, d'une association?), de ses rues désertées et désertiques, de ses PMU... et de ses réveils matinaux, car parisiens, en province, on se lève TOT! C'est donc de bon matin que je me prémunis d'éventuels borborygmes pour ensuite aller à la rencontre de l’ensemble des services d’une administration territoriale, ses élus, ses partenaires, ses administrés... on y parle de territoire, de stratégie d’aménagement à long terme de celui-ci, de compromis et d’équilibre, de gouvernance, d’efficience, d’efficacité, de responsabilité, d’engagement...

BREF !!

Au cours d’une de mes dernières missions, interrogeant mon interlocuteur sur les missions de la police municipale, dont certaines villes se sont dotées aux côtés des forces nationales, j’apprends alors l’existence d’un des outils de travail de ces agents aux missions bien particulières : un tonfa...

Vous l’aurez compris, il s’agit là bien plus qu’un simple « tonba » !

DEFINITION

Le tonfa est une arme, soit en bois, soit en polymère*, selon qu'elle est respectivement utilisée en art martial, ou en intervention par les forces de l'ordre. Elle se compose d'une matraque, à laquelle une poignée latérale perpendiculaire a été ajoutée, environ à son tiers.
* Internautes, soyez rassurés, ces messieurs à l'uniforme bien taillé, nous gratifient, non pas d'un simple et vulgaire monomère, c'eût eté très mal nous traiter, mais d'une macromolécule constituée de l'enchaînement répété de monomères reliés les uns aux autres par des liaisons covalentes, lesquelles vous garantissent une longue convalescence...

UTILISATION MATINALE

En place et lieu du « tu as une petite mine ce matin » (certains lui préfèrent le "tu as vraiment une sale gueule" : de cela je ne trancherais pas), je propose un « tu ne te serais pas pris un coup de tonfa dans le nez la nuit dernière ? »

mercredi 16 septembre 2009

HAVRESAC / BORBORYGMES


CONTEXTE
Je sais, je sais ... ces mots vous « disent quelque chose », mais, au-delà du fait qu’il faut parfois chercher à flatter son lecteur, je m’interroge sur leur utilisation effective. En outre, si vous connaissez en effet ces mots, avez vous déjà pensé à les rassembler ?

Vous conviendrez qu’un couple peut se ressembler, s’assimiler, se dissembler, se rapprocher... Ainsi, des oxymores seront présentés côte à côte, tout comme le seront des synonymes.

Mais internautes, faites fi de ces frontières, ouvrez vos horizons et voyez la somme de probabilités qui s’offre au "couple". Sans associations apparentes, des liens enfouis, inconscients, imagés, phonétiques, vécus, personnels, laissent apparaître une infinité de combinaisons bien plus réjouissantes.

Ceci étant dit, je vous propose de mettre un terme au suspense et aux nombreuses et insoutenables interrogations qu’on dû soulever la présentation du duo d’aujourd’hui. Je m’empresse donc de vous démontrer qu’il existe bel et bien un lien entre un havresac et des borborygmes !

Tout émergea lors d’une de mes dernières lectures : il s’agissait du livre d’Adalbert Stifter, « L’homme sans postérité ». L’histoire de cet adolescent trimballant son havresac me marqua et j’associais vite ce livre et ce mot. Vous conviendrez, en effet, qu’il est de ces livres desquels se détachent certains mots. Ceci me fit penser aux fameux borborygmes du livre d’Albert Cohen, "Belle du Seigneur". Je repensais donc à Ariane, qui, rêvassant à son Solal et, se fâchant contre ses borborygmes, dit « Assez! C'est vilain! Tais-toi, je suis amoureuse! ».

Ainsi naquit un couple...

DEFINITION


Borborygmes : n.m.
1- Bruit causé par le déplacement des gaz et des liquides dans le tube digestif ; gargouillement
2- (souvent au utilisé au pluriel) Parole incompréhensible, son que l’on ne peut identifier.

Havresac : nm de l’allemand sac à avoine/ vieilli
Sac porté derrière le dos par les militaires ou les campeurs et contenant leur équipement.

UTILISATION

Ex1. En réunion

En réunion d’affaires, votre ventre s’agite ; il palpite car :
a - le déjeuner a été copieux, les fruits de mer douteux ;
b- votre ventre est creux, ayant été délaissé pour quelques minutes de sommeil supplémentaires.

Un bruit digestif douteux passera, par chance, inaperçu.
Son écho vous donnera chaud.
Un son supplémentaire portera sur vous de premiers regards interrogateurs, voire inquisiteurs.
Un quatrième... et vous serez foutu. Par précaution, devancez le, dénoncez-vous et excusez vos borborygmes encombrants.

De deux choses l’une :

a- Vous écourterez la réunion, de toutes les façons tout le monde crevait la dalle ;
b- Vous dénoncerez le poissonnier du quartier, on ne pourra alors que vous en remercier.

Mais, je vous prie, plus de « gargouillis » !

Ex 2. En randonnée, en place et lieu du « sac à dos », du « sac de rando », du « balluchon », du « quechua »...

En pleine randonnée donc sur le causse Méjean, votre ventre rassasié à l’abri d’éventuels borborygmes, il est 7 heures : l’heure de plier bagage. Vos camarades vous attendent, mais il y reste tant à faire car vos affaires sont dispersées. Ne les laissez pas rouspéter et trépigner d’impatience, demandez leur un peu de leur temps pour finaliser votre havresac.




mercredi 9 septembre 2009

ONYCHOPHAGIE


CONTEXTE

C’est au grand bonheur la chance que nous sommes, en famille le week-end dernier lors d'un jeu du dictionnaire, tombés sur ce trésor linguistique aux secrets jalousement gardés au vu de la banalité d’usage auquel il pourrait pourtant prétendre.

A mi-chemin entre l’œsophage et l’onychophore, le mystère de l’onychophagie doit sans doute pour partie beaucoup à ses résonnances pachydermiques !

La langue française porte en elle, outre ses racines latines, un aspect imagé clairvoyant si bien qu’on devine parfois la définition de ses mots à leur sonorité. L’onychophagie est un exemple à point nommé et ne m’évoque rien qui vaille !

Horreur, je découvre pourtant que je fus, et suis encore parfois, victime d’onychophagie... et je m’empresse d’ajouter que vous avez plus de 10% de chance, hommes et femmes confondus, de l’être aussi !

Ca y est, intéressés ? Alors c’est parti :

DEFINITION

Onychophagie (nf) : terme médical désignant l’habitude de se ronger les ongles.

UTILISATION RAILLEUSE MAIS EFFICACE

EX 1. « Mamie », « Mémé », « Mamita », grand-mères c’est à vous que je veux m’adresser.

Vos petits-enfants vous causent du tourment, rien ne vous rend plus irascible que la vue de l’un des vôtres les doigts dans la bouche. Ce n’est pourtant pas faute d’arguties, ni de l’usage incommensurable d’un ensemble de stratagèmes et d’arguments (mensongers ?).

Vous avez en effet, au travers d’efforts simiesques à vous faire mal au visage, fait de surprenantes et terrifiantes grimaces et usé d’un vernis au parfum repoussant, voire délétère, tout en leur lançant des menaces du type « ça donne l’appendicite », « tes dents en tomberont », « tu finiras alcoolique » ou encore « ce n’est pas avec ces mains là qu’un jour tu te marieras »...

Vous êtes prête à déclarer forfait en admettant, non pas volontiers, l’existence d’un conflit générationnel insoluble qui vous dépasse...

NON ! Ne jetez pas l’éponge, voici encore un ultime moyen qu’il convient d’essayer pour les effrayer et les faire cesser. Prédisez-leur des crises chronophages d’onychophagie. Alors, peut être, en prendront-ils ombrage et en perdront leur courage !

EX 2. Plus simple, mais non moins détonant :
Dorénavant, attachez-vous à ne plus reprocher à quelqu’un l'aspect rongeur de ses vilaines mains, mais lui prêtez benoîtement une oreille en l'interrogeant sur son onychophagie.

vendredi 4 septembre 2009

CAUDALIE


CONTEXTE


Après un cours de cuisine à l’Atelier des chefs (j’en profite encore pour remercier mon initiateur) consacré au briouate (ouais je sais je ne connaissais pas non plus, on ne le dira pas :

http://images.google.fr/images?hl=fr&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&hs=IFu&q=briouate&um=1&ie=UTF-8&ei=Rh2hSuiiPJ2hjAeHtcybDg&sa=X&oi=image_result_group&ct=title&resnum=4...)

Direction un bar à un vin.

L’accueil verbeux d’un sommelier me fait dire que, comme toutes sciences, l’oenologie aussi possède son propre langage.


DÉFINITION

Unité de mesure exprimant la longueur en bouche d'un vin.

Du latin cauda qui signifie queue.

?

Internaute, es tu, comme moi, choqué par ce langage outrancier ? Qu’on mesure la longueur d’une queue, soit, mais dans une bouche ? ?! Vignerons, vigneronnes, vous avez dépassé les bornes! Internaute, c’est en pensant au bien-être de nos enfants que j’adresse derechef une lettre recommandée à l’Union de la Sommellerie Française.

Attendez donc, rangez vos fourches, voilà qu’on me dit qu’une caudalie correspond à une seconde. C’est un peu tiré par la queue, mais peut être ont-ils voulu faire allusion aux queues d’attente, comme celles que l’on trouve devant un cinéma ?!

En dégustation, sachez qu’on parle aussi de PAI, la persistance aromatique intense.
Cette persistance aromatique, qui se calcule en caudalie, permet de mesurer la qualité d'un vin en fonction de sa capacité à laisser ses arômes s'exprimer en bouche une fois ce dernier avalé ou recraché (sans commentaires...).

Attention :

« Toute la complexité pour le néophyte de détecter cette longueur en bouche vient du fait qu'il ne faut pas prendre en compte le temps que les saveurs comme l'acidité, l'amertume ou le sucré restent en bouche mais bien les arômes. » (http://www.terroirexperience.com/vin/caudalie-185-c.html)


UTILISATION REMARQUABLE REMARQUÉE


L’occasion est d’importance : on vous invite dans un restaurant étoilé.

Soit dit en passant, vous vous étiez préparé aux menus dégustation, darioles et autres girolles, mais vous vous attendiez, en ces temps de grippe A et de baisse de TVA, à rencontrer un échanson.

Au lieu d’une banalité lancée au sommelier de type : « je souhaiterais déguster l’un de vos bourgognes », flattez le, utilisez son langage, devancez le en lui lançant un « je suis à la recherche d’un vin d’une longueur de 8 à 10 caudalies » : il vous sourira, ou vous toisera, et votre partenaire en restera coi !